Affichage des articles dont le libellé est Des textes de sagesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Des textes de sagesse. Afficher tous les articles

jeudi 19 novembre 2015

Blanche Neige : Alchimie, initiation


 Ci après une piste sur le mythe de Blanche Neige issu du site Les Secrets du Tarot

"BLANCHE NEIGE" : CONTE INITIATIQUE?

Le nombre sept avec les sept nains, le miroir magique et la méchante reine, le cercueil de diamant, la petite maison dans la forêt, les deux moitiés de la pomme, le prince charmant qui réveille blanche neige en lui donnant le baiser initiatique...
Enfin, le nom même de Blanche neige qui symbolise l’âme humaine, sa pureté originelle qu’il s’agit de retrouver. Je suis sur que certains d’entre vous commencent à comprendre où je veux en venir !
Commençons par le début. Blanche neige est la fille du roi. Sa mère meurt, et le père épouse une femme très belle et très méchante qui est jalouse de la petite fille.
La mort de la mère est la perte de l’état originel paradisiaque. Le père représente Dieu, le principe créateur... Quand à la vilaine reine, elle est l’image du nouvel état d’existence, héritage de la chute, et mû par des forces obscures et négatives.
Vous remarquerez que contrairement à la vison religieuse et exotérique, il n’est pas question ici de faute ou de péché, il n’y a aucune tendance moralisatrice. La mort de la mère est vécue comme étant une fatalité que Blanche neige subit, un processus inéluctable d’éloignement par rapport au principe, de chute indispensable afin que la création ait lieu. C’est le signe d’une vision ésotérique, en rupture par rapport à ce qui était enseigné par les prêtres catholiques.
Ensuite, la vilaine reine qui est en même temps sorcière, consulte son miroir magique, lequel lui confirme qu’elle est la plus belle femme du royaume. Nous avons ici le symbole du miroir, qui nous montre deux réalités, la terrestre et la céleste. Il est également la représentation de la dualité qui anime notre monde. Toute image se reflète fidèlement dans un miroir, en vertu de l’adage hermétique « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Mais c’est une image inversée, la droite devient la gauche. Nous avons ici une vérité métaphysique de première importance, celle qui est rapportée par plusieurs passages évangéliques qui insistent sur l’inversion des valeurs des choses terrestres par rapport à celles du monde spirituel.
- Les premiers seront les derniers
- Ce qui est élevé sera abaissé, ce qui est abaissé sera élevé
- Le plus petit parmi vous sera le plus grand dans les cieux
- Ce qui est sagesse en ce monde est folie devant Dieu
La vilaine reine est non seulement orgueilleuse, car elle veut rester la plus belle, mais elle montre à travers son miroir, qu’elle conçoit un monde qui est celui de l’illusion et du mensonge, celui du mal.
L’obsession de la reine rappelle la tradition biblique selon laquelle Lucifer avant sa chute fut le plus beau de tous les anges.
Blanche neige grandit, et finit par devenir une belle jeune fille. Sa beauté est différente, plus réelle car elle reflète la beauté de son âme. Le miroir apprend à la reine qu’elle a perdu la primauté qui était la sienne, et que Blanche neige est désormais la plus belle femme du royaume. Folle de rage, elle décide la mort de la jeune fille et donne l’ordre à l’un de ses serviteurs de l’emmener dans la forêt afin d’accomplir cette basse besogne. Elle lui dit de ramer comme preuve le cœur de Blanche neige. Le serviteur obéit, mais au moment d’accomplir son crime, il n’en a pas le courage. Il dit à Blanche neige de s’enfuir et de ne plus jamais revenir au château. Il tue une biche et ramène son, cœur à la place de celui de la princesse.
Il y a substitution d’une mort par celle d’une autre victime innocente. Cela rappelle le massacre des innocents, et celui des enfants israélites, alors que Moïse est sauvé des eaux. C’est tout le symbolisme chrétien qui est évoqué ici, le messie donnant sa vie afin de sauver tous les hommes. Et le cœur de la biche évoque le sacré cœur.
Mais pourquoi une biche ? La tradition nous montre la biche comme étant un animal noble, représentant à la fois la féminité et la sagesse. Héraclès poursuit la biche aux cornes d’or et aux pieds d’airain jusqu’au pays des hyperboréens, les sages des origines qui lui transmettent la connaissance.
 La suite ici

lundi 24 juin 2013

La petite voie de Thérèse de lisieux

La petite voie , histoire d'une âme:


" Vous le savez, ma Mère, j'ai toujours désiré d'être une sainte, mais hélas! j'ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu'il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants; au lieu de me décourager, je me suis dit: le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc, malgré ma petitesse, aspirer à la sainteté; me grandir, c'est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections; mais je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d'inventions, maintenant ce n'est plus la peine de gravir les marches d'un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi, je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors, j'ai recherché dans les livres saints l'indication de l'ascenseur, objet de mon désir et j'ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse éternelle: "Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi" (Prov. IX, 4). Alors, je suis venue, devinant que j'avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu, ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel; j'ai continué mes recherches et voici ce que j'ai trouvé: "Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux!" (Is. LXVI, 13, 12). Ah! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme: l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus! Pour cela, je n'ai pas besoin de gandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. Ô mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux chanter vos miséricordes."





http://www.carmel.asso.fr/Il-veut-l-humilite-du-coeur.html


jeudi 14 juin 2012

L'humilité

Au hasard de mes visites sur le net, je découvre des citations qui m'interrogent, d'autres qui me semblent justes , alors je les déposerais ici histoire de partager, ou de réfléchir , comme un témoignage aussi d'un parcours, un fil d'Ariane..


La première est sur l'humilité. On a coutume de dire que celui qui se dit humble ne l'est déjà plus . Voila une autre vue de ce que peut être l'humilité , elle en a tellement..:

« Il faut avoir l'humilité d'écouter la voix des autres et plutôt que d'en comparer le timbre et la mélodie avec la nôtre, il faut l'entendre par ce qu'elle dit. »
de Jean-Marie Adiaffi

lundi 11 juin 2012

La course des grenouilles

Crois en tes rêves !
Il était une fois une course ... de grenouilles
L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour.
Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir.
La course commença.
En fait, les gens ne croyaient probablement pas possible que les grenouilles puissent atteindre la cime, et toutes les phrases que l’on entendit furent de ce genre :
"Quelle peine !!!
Elles n’y arriveront jamais !"

Les grenouilles commencèrent à se résigner, sauf une qui continua de grimper avec fougue et enthousiasme et les gens continuaient :
"... Quelle peine !!! Elles n’y arriveront jamais !..."
Et les grenouilles s’avouèrent vaincues, sauf toujours la même grenouille qui continuait à insister.
A la fin, toutes se désistèrent, sauf cette grenouille qui, seule et avec un énorme effort, atteignait le haut de la cime. Les autres voulurent savoir comment elle avait fait.
L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait fait pour terminer l’épreuve.
Et découvrit qu’elle... était sourde !

En résumé :
...N’écoutez pas les personnes qui ont la mauvaise habitude d’être négatives... car elles volent les meilleurs espoirs de votre coeur !

Source inconnue

Les Trois Portes de la Sagesse

Un conte un peu long, mais très juste que j'ai trouvé, je vous le partage.



Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour
parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.
- Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince.
- Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le
Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras
trois portes. Lis les préceptes inscrits sur chacune d’elles. Un besoin irrésistible te
poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre
sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela
dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.
Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva
bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:
“Change le Monde.”
C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans
ce monde, d’autres ne me conviennent pas.
Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se
confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il
y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit
à changer certaines choses, mais beaucoup d’autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui
m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.
- C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton
pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. Et il disparut.
Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:
“Change les Autres.”
- C’était bien là mon intention, pensa-t-il . Les autres sont source de plaisir, de joie et
de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. Et il s’insurgea
contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à
infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.
Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu’il méditait sur l’inutilité de ses tentatives de vouloir changer les
autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes
joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le
révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.
- Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toimême.
Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le
aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la
Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.
Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient
ces mots:
”Change-toi toi-même.”
Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, se
dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à
combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui
plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs
et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda:
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer,
d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.
- C’est bien, dit le Sage.
- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout,
contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ?
J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.
- C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus
loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.
Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s’aperçut
qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:
“Accepte-toi toi-même.”
Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte
la première fois, dans l’autre sens.
- Quand on combat, on devient aveugle se dit-il.
Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et
combattu en lui: ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons.
Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer luimême
sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me
condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moimême,
totalement, inconditionnellement.
- C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux
repasser la troisième porte.
À peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde
porte et y lut:
“Accepte les Autres.”
Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie. Celles qu’il
avait aimées et celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il
avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs
imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il
s’était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.
- Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.
- J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus
rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à
aimer les autres totalement, inconditionnellement.
- C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la
deuxième porte. Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première
porte et y lut:
“Accepte le Monde.“
Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda
autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à
changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur Perfection.
C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son
regard ?
Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit
pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble
gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni
gai. Il est là, il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée
que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement,
inconditionnellement.
- C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toimême,
avec les autres et avec le Monde.
Un profond sentiment de Paix, de Sérénité, de Plénitude envahit le Prince. Le Silence
l’habita.
- Tu es prêt, maintenant, à franchir le Dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage
du Silence de la Plénitude à la Plénitude du Silence.
Et le Vieil Homme disparut.

Charles Brulhart Décembre 1995
source: www.metafora.ch

vendredi 20 janvier 2012

La fable du Porc-épic





C'était l'hiver le plus froid jamais vu.
De nombreux animaux étaient morts en raison du froid.
Les porcs-épics, se rendant compte de la situation, avaient décidé de
se regrouper.
De cette façon ils se couvraient et se protégeaient eux-mêmes ;
mais, les piquants des porcs-épics de chacun blessaient leurs compagnons
les plus proches, même s'ils se donnaient beaucoup de chaleur
les uns aux autres.
Après un certain temps, ils ont décidé de prendre leur distance l'un de
l'autre et ils ont commencé à mourir, seuls et congelés.
Alors, ils devaient faire un choix : accepter les piquants de leurs compagnons
ou disparaître de la terre.
Sagement, ils ont décidé de revenir en arrière pour vivre ensemble.
Ils ont donc appris à vivre avec les petites blessures causées par l'étroite
relation avec leurs compagnons, mais la partie la plus importante,
était la chaleur qui venait des autres.
De cette façon, ils ont pu survivre.
La meilleure relation n'est pas celle qui rassemble les gens parfaits,
mais le mieux est quand chacun apprend à vivre avec les imperfections
des autres et on peut y découvrir et admirer les bonnes qualités
des autres personnes.
La morale de l'histoire : « Apprendre à aimer les piquants dans notre vie. »
Auteur inconnu

jeudi 24 novembre 2011

Extraits du Petit Prince

J’appris bien vite à mieux connaître cette fleur. Il y avait toujours eu, sur la planète du petit prince, des fleurs très simples, ornées d’un seul rang de pétales, et qui ne tenaient point de place, et qui ne dérangeaient personne. Elles apparaissaient un matin dans l’herbe, et puis elles s’éteignaient le soir. Mais celle-là avait germé un jour, d’une graine apportée d’on ne sait où, et le petit prince avait surveillé de très près cette brindille qui ne ressemblait pas aux autres brindilles. Ça pouvait être un nouveau genre de baobab. Mais l’arbuste cessa vite de croître, et commença de préparer une fleur. Le petit prince, qui assistait à l’installation d’un bouton énorme, sentait bien qu’il en sortirait une apparition miraculeuse, mais la fleur n’en finissait pas de se préparer à être belle, à l’abri de sa chambre verte. Elle choisissait avec soin ses couleurs. Elle s’habillait lentement, elle ajustait un à un ses pétales. Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots. Elle ne voulait apparaître que dans le plein rayonnement de sa beauté. Eh ! oui. Elle était très coquette ! Sa toilette mystérieuse avait donc duré des jours et des jours. Et puis voici qu’un matin, justement à l’heure du lever du soleil, elle s’était montrée.
Arrivee de la fleur.jpg
Et elle, qui avait travaillé avec tant de précision, dit en bâillant :
« Ah ! Je me réveille à peine… Je vous demande pardon… Je suis encore toute décoiffée… »
Le petit prince, alors, ne put contenir son admiration :
« Que vous êtes belle !
— N’est-ce pas, répondit doucement la fleur. Et je suis née en même temps que le soleil… »
Le petit prince devina bien qu’elle n’était pas trop modeste, mais elle était si émouvante !
« C’est l’heure, je crois, du petit déjeuner, avait-elle bientôt ajouté, auriez-vous la bonté de penser à moi…
Arrosoir.jpg
Et le petit prince, tout confus, ayant été chercher un arrosoir d’eau fraîche, avait servi la fleur.
Ainsi l’avait-elle bien vite tourmenté par sa vanité un peu ombrageuse. Un jour, par exemple, parlant de ses quatre épines, elle avait dit au petit prince :
« Ils peuvent venir, les tigres, avec leurs griffes !
Tigre.jpg
— Il n’y a pas de tigres sur ma planète, avait objecté le petit prince, et puis les tigres ne mangent pas d’herbe.
— Je ne suis pas une herbe, avait doucement répondu la fleur.
— Pardonnez-moi…
— Je ne crains rien des tigres, mais j’ai horreur des courants d’air. Vous n’auriez pas un paravent ? »
Paravent.jpg
« Horreur des courants d’air… ce n’est pas de chance, pour une plante, avait remarqué le petit prince. Cette fleur est bien compliquée… »
« Le soir vous me mettrez sous un globe. Il fait très froid chez vous. C’est mal installé. Là d’où je viens… »
Mais elle s’était interrompue. Elle était venue sous forme de graine. Elle n’avait rien pu connaître des autres mondes. Humiliée de s’être laissé surprendre à préparer un mensonge aussi naïf, elle avait toussé deux ou trois fois, pour mettre le petit prince dans son tort :
« Ce paravent ? …
— J’allais le chercher mais vous me parliez ! »
Alors elle avait forcé sa toux pour lui infliger quand même des remords.
Ainsi le petit prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d’elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux.
Globe.jpg
« J’aurais dû ne pas l’écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en réjouir. Cette histoire de griffes, qui m’avait tellement agacé, eût dû m’attendrir… »
Il me confia encore :
« Je n’ai alors rien su comprendre ! J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer. »



 ....................................






C’est alors qu’apparut le renard :
« Bonjour, dit le renard.
— Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se tourna mais ne vit rien.
— Je suis là, dit la voix, sous le pommier...
Renard.jpg
— Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
— Je suis un renard, dit le renard.
— Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
— Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
— Ah ! pardon », fit le petit prince.
Mais après réflexion, il ajouta :
« Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
— Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
— Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
— Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
— Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
— C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « Créer des liens… »
— Créer des liens ?
— Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
— Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…
— C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…
— Oh ! ce n’est pas sur la Terre », dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
Chasseur.JPG
« Sur une autre planète ?
— Oui.
— Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?
— Non.
— Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?
— Non.
— Rien n’est parfait », soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée :
« Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu a des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé… »
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
« S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.
— Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
— On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Il achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
— Que faut-il faire ? dit le petit prince.
— Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près… »
Le lendemain revint le petit prince.
Terrier.gif
« Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrira le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… il faut des rites.
— Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.
— C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances. »
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
« Ah ! dit le renard… je pleurerai.
— C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
— Bien sûr, dit le renard.
— Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
— Bien sûr, dit le renard.
— Alors tu n’y gagnes rien !
— J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. »
Puis il ajouta :
« Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret. »
Le petit prince s’en fut revoir les roses.
« Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde. »
Et les roses étaient bien gênées.
« Vous êtes belles mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe, Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose. »
Et il revint vers le renard :
« Adieu, dit-il…
— Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
— L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
— C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
— C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
— Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
— Je suis responsable de ma rose… » répéta le petit prince, afin de se souvenir
http://wikilivres.info/wiki/Le_Petit_Prince

samedi 29 octobre 2011

L'allégorie de la caverne, Platon, voir ou se voir, quoi voir?

 Un texte issu de la République de Platon , barbante philo pour certains, pour moi il est empreint d'une justesse énorme quant-à ce que nous sommes capables de percevoir ou pas de la vérité, de soi et de la réalité. Un essai de compréhension de notre chemin intérieur et de notre connaissance profonde.

"Maintenant, repris-je, représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.

Je vois cela, dit-il.

Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.

Voilà, s'écria-t-il, un étrange tableau et d'étranges prisonniers.

Ils nous ressemblent, répondis-je; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d'eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

Et comment ? observa-t-il, s'ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ?

Et pour les objets qui défilent n'en est-il pas de même ?

Sans contredit.

Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient ?

Il y a nécessité.

Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l'ombre qui passerait devant eux ?

Non par Zeus, dit-il.

Assurément, repris-je, de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués.

C'est de toute nécessité.

Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ?

Beaucoup plus vraies, reconnut-il.

Et si on le force ;a regarder la lumière elle-même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés ? n'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'un lui montre ?

Assurément.

Et si, reprise-je, on l'arrache de sa caverne, par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences ? Et lorsqu'il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ?

Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l'abord.

Il aura, je pense, besoin d'habitude pour voir les objets de la région supérieure. D'abord ce seront les ombres qu'il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui-même, que pendant le jour le soleil et sa lumière.

Sans doute.

A la fin, j'imagine, ce sera le soleil - non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit -mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu'il pourra voir et contempler tel qu'il est.

Nécessairement, dit-il.

Après cela il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c'est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d'une certaine manière, est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne.

Évidemment, c'est à cette conclusion qu'il arrivera.

Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l'on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers ?

Si, certes.

Et s'ils se décernaient alors entre aux honneurs et louanges, s'ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l'oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu'il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants ? Ou bien, comme le héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et de souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et vivre comme il vivait ?

Je suis de ton avis, dit-il; il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon là.

Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ?

Assurément si, dit-il.

Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l'accoutumance à l'obscurité demandera un temps assez long), n'apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter ? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

Sans aucun doute, répondit-il.

Maintenant, mon cher Glaucon, repris-je, il faut appliquer point par point cette image à ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde que nous découvre la vue au séjour de la prison, et la lumière du feu qui l'éclaire à la puissance du soleil. Quant à la montée dans la région supérieure et à la contemplation de ses objets, si tu la considères comme l'ascension de l'âme vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque aussi bien tu désires la connaître. Dieu sait si elle est vraie. Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible l'idée du bien est perçue la dernière et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu'elle est la cause de tout ce qu'il y a de croit et de beau en toutes choses; qu'elle a, dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière; que, dans le monde intelligible, c'est elle-même qui est souveraine et dispense la vérité et l'intelligence; et qu'il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique."

PLATON , La République