vendredi 2 septembre 2011

Les conduites à risque chez les jeunes

Les conduites à risque

David Lebreton définit les conduites à risque ainsi:
« Les conduites à risque s'enracinent dans un sentiment confus de manque à
être, de souffrance diffuse...Les conduites à risque se distinguent absolument
de la volonté de mourir, elles ne sont pas des formes maladroites de suicide,
mais des détours symboliques pour s'assurer de la valeur de son existence,
rejeter au plus loin la peur de son insignifiance personnelle. Ce sont des rites
intimes de fabrication du sens ».1
Pour David Lebreton, la société ne permet plus aujourd'hui de créer du sens car
les étapes symboliques c'est à dire les rites de passage semblent ne plus avoir
d'existence et par là même ne permettent plus une transmission de sens et de
valeur. Ces étapes nécessaires ne remplissant plus leur fonction, les groupes
familiaux sont alors les seuls espaces créateurs de sens. Mais la mutation des
liens familiaux ne permettent plus aux parents de faire face et les amènent à un
sentiment de dépassement. Le noyau familial n'est plus alors suffisamment
stable pour produire du sens auprès des jeunes.
L'adolescent doit alors se construire par lui même et chercher un sens à son
existence sans étayage solide. Ce sentiment d'existence est donc recherché
lors de conduites à risque. C'est pourquoi , « faute de pouvoir découper leurs
propres contours dans un tissu relationnel souple et consistant, ces
adolescents-là sont conduits à se « déchirer » pour se sentir exister. »
L'adolescent va alors rechercher dans ce type de conduite, parfois de manière
extrême, ses limites et ses repères.
Que ce soit selon l'approche d'Albert Memmi ou celle de David Lebreton, les
phénomènes de dépendances ou de conduites à risques sont à mettre en lien
avec un tissu relationnel qui n'est plus assez prégnant ou qui ne fournit pas de
sens afin d'apaiser les angoisses des jeunes. Les conduites addictives seraient
alors le moyen d'apaiser ces angoisses, en établissant par le rituel une relation
de dépendance réciproque et stable dont l'objet ne risque pas de disparaître, à
contrario des relations familiales qui peuvent être  émaillées de ruptures.

Sources: 

1 David LEBRETON, L'adolescence à risque, Édition autrement collection mutations n°211, janvier
2002, Paris, p19

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